En naviguant sur notre site vous acceptez l'installation et l'utilisation des cookies sur votre ordinateur. En savoir +

Menu Logo Principal

ASTRO AgroSystèmes TROpicaux

Observatoire des pollutions aux Antilles (OPA-C)

Contexte

Depuis la seconde guerre mondiale, l’agriculture antillaise a augmenté sa productivité grâce à ce qu’il est convenu d’appeler une intensification. Cette intensification, qui a mimé et suivi sans délai celle des régions tempérées, a été caractérisée par des niveaux élevés d’intrants dont les effets intentionnels n’ont pas été forcément évalués. Dans ce contexte, des effets non-intentionnels ont émergé sans prévision scientifique, en fragilisant davantage des milieux tropicaux vulnérables, et en exposant les populations à des risques sanitaires. Dans cet axe nous avons ciblé sur deux thématiques qui font l’objet d’une très forte demande sociétale : la dynamique de la chlordécone (CLD) et le devenir des matières organiques du sol (MOS) et exogènes.

Evaluation de la contamination des sols et des plantes par la CLD

chlordécone_guadeloupe

Evolution de la pollution à la chlordécone en 2100

Des insecticides organochlorés (p. ex. CLD) ont été appliqués dans les bananeraies des Antilles françaises des années 60 à 90, pour lutter contre le charançon du bulbe. Bien que l’INRA ait signalé dès 1977 la contamination notable des sols et des eaux, la CLD, molécule très stable et hydrophobe et peu étudiée car vite abandonnée ailleurs, a été appliquée jusqu’en 1993 aux Antilles. Cette contamination concerne 6500 ha en Guadeloupe et 14500 ha en Martinique.

L’analyse des sols et la reconstitution des chroniques d’apports ont permis de valider un modèle de dissipation (WISORCH) et de déterminer que le coefficient de partage CLD adsorbé/CLD soluble décroît selon la minéralogie des sols : allophane > halloysite + oxyhydroxides > halloysite. Des simulations spatialisées par type de sol, pluviométrie et stock actuel de C ont permis d’évaluer la persistance de la molécule jusqu’à plusieurs siècles.

La contamination des plantes dépend principalement du contact sol/racine ou tubercule, compliquée par une redistribution en «copeaux» de la CLD par le travail du sol. Un modèle faisant intervenir le rapport entre surface de contact et volume des organes souterrains et leur durée de formation, rend compte de la contamination de «racines» aussi différentes que le navet, la patate douce, l’igname et le radis. Dans le cas du navet et du radis, des mécanismes d’absorption/redistribution via le phloème pourraient aussi intervenir et expliquer les hauts niveaux de contamination observés sur ces légumes. La dizaine d’espèces testées n’ont pas montré une capacité d’absorption privilégiée pour la CLD, ce qui inhibe leur utilisation dans des essais de phytoremédiation.

Présentation de l'observatoire

station_noville

Station hydrométrique de Noville

Mis en place par l’INRA, le CIRAD, l’IRD et le BRGM, l’Observatoire OPA-C est constitué par un dispositif de bassins versant instrumentés, en Guadeloupe, sur les rivières Pérou et des Pères à Capesterre-Belle-Eau, et en Martinique sur la rivière du Galion.

En Guadeloupe, il est géré conjointement par l’INRA (UR ASTRO), le CIRAD et le BRGM. Ces dispositifs sont destinés à étudier les mécanismes de transfert de polluants et de remédiation possibles en interaction avec l’usage des sols et les systèmes de culture.

observatoire

Carte du dispositif de l'observatoire

bassin_pérou

Bassin versant de la rivière Pérou (Capesterre - Belle Eau)